Samedi prochain, les Canadiens célèbrerons le Jour du Souvenir, autrefois appelé jour de l’Armistice.   Chaque année, le 11 novembre à 11:00, les canadiens/canadiennes ont l’opportunité de se rappeler et de rendre hommage aux milliers d’hommes et de femmes qui ont renoncé à leurs rêves et à leurs ambitions personnels en donnant leur vie pour défendre la liberté dont nous jouissons et dont nous sommes si nombreux à prendre pour acquise.

À chaque Jour du Souvenir, je suis profondément ému en regardant les anciens combattants et les jeunes vétérans déposer une couronne ou un coquelicot au pied d’un cénotaphe. Le regard embué, les joues perlées de larmes, ils se remémorent les circonstances et le moment précis où leurs camarades ont rendu leur dernier souffle soit sur mer, dans les airs, sur des champs de batailles où sur des plages à l’étranger. C’est pour cette raison que ces survivants de guerre ont pris l’engagement de se souvenir de ceux qui sont « tombés au champ d’honneur » et que nous nous rendons aux diverses cérémonies commémoratives. Que Dieu nous garde de l’oubli !

Je crois également que nous ne devons pas oublier nos soldats et vétérans encore vivants qui n’arrivent pas à effacer de leur mémoire ce qu’ils ont vu, senti et ressenti, vivant silencieusement avec la douleur et les cicatrices émotionnelles si difficiles à gérer. Ils sont devenus, eux aussi, des « victimes de la guerre » et dans bien des cas, leurs familles également.  Des souvenirs et des traumatismes, différents des blessures physiques hantent les foyers de nos familles militaires alors que certains soldats vivent dans un perpétuel état de détresse causé par le stress post-traumatique.

Le personnel militaire incarne bien les valeurs telles que le courage, la loyauté, le sens du devoir, le respect, le service désintéressé, le respect et l’intégrité.  Chaque sphère de la société a besoin de promouvoir ces valeurs pour rendre notre monde meilleur. Alors que je servais en tant qu’aumônier militaire, j’ai souvent cité ce texte de l’Écriture qui décrit très bien la motivation derrière le sacrifice ultime du soldat – « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » La plupart des soldats que je connaisse ont un profond respect de la vie et veulent défendre les plus vulnérables de ce monde.  Ils aiment leur prochain et veulent sincèrement contribuer à faire de ce monde un meilleur endroit pour y vivre. Jésus appelle cela : « Aimer son prochain ».

Aujourd’hui, ma pensée me ramène à cette matinée du 11 novembre 2007 à Kandahar, là où je participais à la cérémonie du Jour du Souvenir. Nous avions l’honneur d’avoir parmi nous les proches de dix soldats canadiens qui avaient perdu la vie au cours des années précédentes. Chacun d’eux avait été invité à déposer sur le monument commémoratif un coquelicot et une couronne près de la photo de leur bien-aimé.  Quels moments chargés d’émotions! Dans le défilé, bien peu de militaires avaient les yeux secs. Les larmes coulaient sur nos joues en regardant révérencieusement les familles toucher la photo de chaque disparu et se figer momentanément pendant que plein d’images traversaient les couloirs de leurs pensées. Nous étions témoins d’un moment intime en compagnie de ces familles venues réaffirmer que chaque vie est extrêmement précieuse et que la mort sera toujours douloureuse pour ceux qui restent.  Ces familles représentaient les 114,457 militaires canadiens morts au cours des guerres depuis la Première Guerre Mondiale.

À plusieurs occasions, au cours des douze mois et demi pendant lesquels j’ai servi en Afghanistan, j’ai souvent rappelé à nos troupes cette citation d’Edmund Burke : « La seule chose nécessaire pour que le mal triomphe c’est que les hommes de bien ne fassent rien. »  Si vous visitiez mon bureau, vous y trouveriez accrocher au mur, la photo des 17 soldats qui ont perdu la vie au cours de mon déploiement en 2007-2008. Pourquoi cette photo sur mon mur ? Parce que je veux toujours me rappeler de ces militaires, et de tout le personnel militaire, lequel a démontré tant de courage, de loyauté, d’un sens du devoir exemplaire et de sacrifices désintéressés en « faisant » quelque chose afin de s’assurer que le mal ne triomphe pas. Non, nous ne les oublierons pas !

Share This