La semaine dernière, j’ai présenté le livre « Overcoming the Dark Side of Leadership » par Gary L McIntosh and Samuel D Rima.  McIntosh dit que: « Lorsque notre volonté de parvenir est alimentée par des besoins non satisfaits (comme la nécessité d’une approbation) si elle est canalisée dans la bonne direction, elle peut devenir une puissante force motrice. Par contre, lorsque le besoin de parvenir est mal orienté, il peut, comme nous l’avons vu, en résulter une catastrophe. La clé qui déterminera si nous expérimenterons un succès ou un échec sera la mesure dans laquelle nous serons conscients de notre côté sombre et mettrons en place des mesures qui l’empêcheront de miner notre capacité à diriger efficacement. »

Toute personne qui dirige depuis un certain temps sera d’accord pour dire qu’alors que nous progressons dans notre leadership, nous expérimentons toutes sortes d’échecs, de tensions, de tiraillements émotionnels, de conflits interpersonnels, des moments d’incertitudes et de questionnements qui, si nous sommes « attentifs », mettent en lumière notre côté sombre.  Selon McIntosh, les différentes caractéristiques de notre côté sombre  peuvent être regroupées sous cinq différentes catégories. Ce sont : le compulsif, le narcissique, le paranoïaque, le codépendant ou le passif-agressif. Au cours des cinq prochaines semaines, j’adresserai chacune de ces cinq catégories.

Le leader compulsif a besoin de maintenir le contrôle à tout prix. Son leadership se définit à partir de sa propre personnalité compulsive et il/elle voit l’organisation comme un autre endroit où il/elle DOIT exercer son contrôle. Il/elle voit le succès de l’organisation ou de l’église comme une réflexion directe sur sa propre personne ou performance. Il/elle poursuit une perfection maladive autant dans sa vie personnelle qu’organisationnelle. De plus, il/elle a tendance à être très rigide et ce, même dans la planification de sa journée, il/elle ne fait pas de place à l’imprévu. Il/elle systématise son entrainement physique, sa vie dévotionnelle, sa cédule de travail et planifie même ses activités de congés familiaux.

Les leaders compulsifs ont tendance à être très conscients de leur rôle et recherchent l’approbation de figures d’autorité.  Ils ont besoin d’être rassuré, excessivement axés sur le travail, ils deviennent souvent des bourreaux de travail, laissant très peu de place à la spontanéité. Même si, de l’extérieur, ces leaders vivent dans un ordre absolu autant dans leur apparence, tenue vestimentaire, discours, leur environnement familial comme au travail, en dedans, ils sont très fragiles.

Ils combattent avec un cœur colérique, parfois rebelle et ils croient que c’est malsain d’exprimer ses vrais sentiments. Ce comportement peut être le résultat d’une enfance rigide ou causé par des attentes irréalistes placées sur eux ou encore à des traumatismes de l’enfance qui n’ont pas été réglés.  C’est pourquoi, il est commun de voir ces personnes réprimer leur colère, puis soudainement l’exprimer de manière violente pour se reprendre aussitôt avec des excuses appropriées.  Il y a beaucoup de leaders compulsifs sur le marché du travail et même dans l’église, ils ont besoin d’exercer un contrôle total dans tous les aspects de leur organisation ou de leur congrégation.

Le premier pas pour sortir de ce mode de vie et retrouver un équilibre est d’identifier si le leadership compulsif est un défi pour vous, puis d’amorcer une réflexion sur les causes possibles.  Voici quelques questions qui peuvent vous aider dans votre réflexion. Si après avoir lu ce blog vous ne vous identifiez avec aucun de ces symptômes, vous n’êtes probablement pas un leader compulsif.  Par contre, si vous vous reconnaissez dans certains de ces éléments, vous avez probablement une tendance à l’être. Puis il y a ceux dont la description les décrit très bien; c’est que vous êtes surement un leader compulsif.  Voici quelques comportements typiques manifestés par le leader compulsif:

  1. Il lui est difficile de prendre un jour de congé non planifié pour juste prendre du temps entre amis ou en famille sans se sentir mal ou paresseux s’il le fait.
  2. Il planifie minutieusement ses vacances pour ne pas perdre de temps ni manquer quelque chose d’important ou fait coïncider le travail avec les vacances.
  3. Méticuleux de son apparence, ses souliers sont toujours cirés, ses vêtements pressés, ses cheveux bien coupés et une bonne posture. Il marche d’un pas décidé et ne se laisse pas interrompre facilement.
  4. Souvent, il se plaint des longues heures et de la surcharge de travail mais secrètement, il est fier de son « éthique de travail ».
  5. La moindre erreur l’obsède, car il craint que son image n’en souffre.

La semaine prochaine j’aborderai le comportement du leader narcissique.

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