Pendant onze mois et demi, j’ai servi à titre d’aumônier principal du contingent canadien en Afghanistan dans la guerre contre le terrorisme. J’ai servi sous plusieurs leaders, mais il n’y a qu’un seul type de leader aux côtés de qui je suis prêt à aller en guerre : un leader compétent. Quand vous êtes confronté chaque jour à une situation de vie ou de mort, vous voulez que les décisions soient prises par un leader compétent et non seulement par un leader populaire ou aimable.

Le Nouveau Testament contient deux courtes paraboles sur la compétence. Les paraboles de Luc 14.28-31 parlent d’engagement, de bien calculer le prix à payer avant d’agir et de la gestion du risque. Ces paraboles laissent l’impression que la tour n’a jamais été complétée et que la guerre n’a jamais été remportée. On pourrait donc dire que ces deux paraboles sont de bons exemples du prix à payer et de la gestion du risque. Parce que le bâtisseur et le roi manquaient de compétence, ils ont dû négocier et accepter un compromis.

La Bible nous apprend les trois leçons suivantes sur le thème de la compétence.

  • Engagement – Jésus nous apprend qu’il cherche des gens entièrement engagés. « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » L’apôtre Paul rappelle à son jeune protégé qu’il « n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie […] » (2 Timothée 2.3) parce qu’on ne peut jouer sur deux tableaux à la fois. En situation de guerre, il faut être concentré sur son objectif et entièrement dévoué à la cause.
  • Calcul du prix à payer – Jésus rappelle à la foule que si on entend construire une tour, mieux vaut déterminer si on dispose de toutes les ressources nécessaires avant de commencer. Autrement, on risque de passer pour incompétent lorsque les fondations sont coulées, et qu’il ne reste plus d’argent pour construire les murs et le toit. Être compétent, c’est veiller, à l’étape de la planification, à ce que vous ayez les connaissances, les talents et les ressources nécessaires pour mener le projet à bien. Il ne s’agit pas d’avoir une ressource quelconque en abondance, mais bien d’avoir la bonne combinaison de ressources pour réussir.
  • Discernement – Lorsque Solomon devint roi d’Israël, il ne demanda pas à Dieu de le rendre populaire ni de lui accorder du pouvoir ou des richesses. Il lui demanda de lui accorder du discernement : « Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal! » (1 Rois 3.9). Le discernement permet de développer la compétence d’un leader. Être compétent, c’est être capable de démontrer que vous avez les capacités et le discernement nécessaires pour savoir quand, pourquoi et comment faire ce qu’il faut. En faisant toujours des compromis pour éviter les conflits comme le roi de cette parabole, on ne garantit pas nécessairement la paix. En sachant quand, pourquoi et comment affronter l’ennemi, on met fin aux horreurs de la guerre et on établit les conditions nécessaires à la reconstruction et aux processus de guérison et de réconciliation plutôt que de capituler.

La morale de l’histoire : les gens suivent les leaders compétents. La compétence inspire et attire les autres. Elle mène à l’excellence des leaders que les gens suivent!

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