Notre vie et nos relations réussissent ou échouent progressivement, une conversation à la fois, soit par une conversation que nous avons évitée ou une conversation que nous avons eue.  Vous avez certes réalisé comme moi, qu’il y a des moments ou événements décisifs dans nos vies qui l’influencent beaucoup plus que d’autres et souvent, ces événements déterminants sont dus à des conversations cruciales.  Celles-ci sont chargées d’émotions et bien souvent inconfortables.  Je suis certain que vous en avez quelques-unes qui viennent de faire éruption dans vos pensées.  Alors, comment pouvez-vous utiliser vos conversations pour bâtir de meilleures relations et ultimement, un monde meilleur?

Quatre auteurs, Kerry Patterson, Joseph Grenny, Ron McMillan et Al Swiztler, ont publié un livre qui s’intitule « Conversations Cruciales »[1].  J’ai une copie audio du livre que j’ai écouté en sillonnant les routes du Québec et de l’Ontario.  Leurs conseils m’ont été fort utiles et m’ont permis de corriger des lacunes dans ma façon de communiquer avec les gens.

Voici donc leur définition d’une conversation cruciale : « C’est une discussion où les opinions des parties engagées sont différentes, les enjeux importants et les émotions fortes. »  Je suis certain qu’en lisant ces lignes, vous avez plusieurs conversations qui vous reviennent à l’esprit qui rencontre ces trois caractéristiques.  Les étapes décrites dans le livre sont ci-dessous et importantes parce que la nature humaine nous incite à tourner le dos à de telles conversations et fuir. Cependant, plutôt que de céder à la peur et fuir ou de les gérer de manière médiocre, je vous encourage à découvrir les facteurs qui vous permettront de maîtriser ces conversations cruciales et développer des relations et partenariats autonomisants pour créer un environnement meilleur.

1) Maîtriser les conversations cruciales – le pouvoir du dialogue.

Quand vient le moment d’avoir des conversations risquées, controversées et émotionnelles, les personnes qui maitrisent les conversations cruciales savent que ce qui donne du pouvoir au dialogue, c’est de trouver un moyen de faire en sorte que toute l’information essentielle pour chacune des parties soit partagée librement.  Il n’y a pas de dialogue si vous êtes préoccupé seulement à faire entendre votre point de vue; vous faites plutôt un monologue.

2) Chacun des participants doit commencer par écouter son coeur – Comment rester centré sur ce que vous voulez vraiment ? La question : « Qu’est-ce que je veux vraiment » vous permet d’identifier le point principal de votre discussion.  Vous pouvez donc éviter des choix faciles, superficiels et impulsifs où vous devez choisir par exemple entre « la paix et la sincérité, entre la victoire et la défaite ».  Laissez tomber les choix impulsifs et cherchez des voies où toutes les parties peuvent être gagnantes.

3) Apprendre à observer Comment se rendre compte quand la zone de sécurité est compromise?  Malheureusement, lorsqu’une conversation commence à être stressante, il arrive souvent que les gens fassent le contraire de ce qu’ils devraient en optant pour des comportements nocifsPour arriver à un résultat satisfaisant, vous devez :

a) être conscient du moment où la conversation devient cruciale;

b) détecter les éléments qui menacent la sécurité et l’authenticité de la conversation;

c) observer si les autres se tournent vers la « violence » ou le « silence »;

d) Surveiller vos signes de stress durant la conversation.

4) Créer une zone sécuritaireCréer une zone sécuritaire permet d’aborder pratiquement   tous les sujets.  Quand les autres optent pour le silence ou la violence, il est essentiel de prendre un peu de recul face à la conversation afin de rétablir une zone de sécurité.  L’Essentiel est de créer un environnement sécuritaire en établissant des règles de conduite qui mèneront à un débat d’idées et non à des attaques personnelles afin de rechercher et poursuivre un objectif commun.

5) Maîtriser ses émotionsComment maintenir un dialogue lorsque vous êtes en colère, effrayé ou blessé?  Le secret du succès de cette étape est d’apprendre à assumer et gérer ses comportements et émotions.  Posez-vous la question : « Quelles sont les émotions qui se cachent derrière mon comportement ? »

6) Faire valoir ses idéesComment parler de manière persuasive et non agressive?  Lorsque vous êtes convaincu d’avoir une idée pour arriver à un accord, faites-là connaitre en suivant ces cinq étapes :

a) Communiquez les faits tels que vous les percevez;

b) Racontez votre histoire et les conclusions que vous en avez tirées;

c) Encouragez les autres à partager leurs histoires en relatant les faits tels qu’ils les perçoivent;

d) Parlez avec pondération en racontant votre histoire au lieu de vouloir monopoliser la conversation;

e) Encouragez les autres à exprimer en toute sécurité leur point de vue.

Bref, nous avons beaucoup plus à gagner en nous engageant dans des conversations cruciales qu’en les évitant, sans compter que celles-ci nous fournissent toujours une opportunité de croissance et de développement personnels.  L’Objectif d’une conversation cruciale n’est pas que « je » gagne « mon » point, mais plutôt de favoriser un processus gagnant / gagnant pour les deux parties qui est toujours préférable et plus bénéfique.

Question de mentorat:   Lequel de ces facteurs est pour moi le plus difficile à gérer en ce moment et que puis-je faire pour mieux me l’approprier ?

[1] Kerry Patterson, Joseph Grenny, Ron McMillan et Al Swiztler, Conversations cruciales, Ixelles Publishing SA, Bruxelles, 2009,

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